Les livres comptables obligatoires en micro-entreprise : livres des recettes et registre des achats
Mis à jour le 18 septembre 2026
Quand on lance sa micro-entreprise, on espère souvent échapper à la paperasse. Et effectivement, le régime micro vous simplifie la vie. Mais attention, « simplifié » ne veut pas dire « zéro obligation ». Certains registres restent inévitables et l’administration fiscale peut vous les demander en cas de contrôle.
Voici un guide pour comprendre précisément quels livres comptables vous devez tenir, comment les remplir et dans quels cas ils sont obligatoires.

Les obligations comptables d’une micro-entreprise : un cadre très allégé
Le régime micro-entreprise économise votre temps : pas de grand-livre, pas de livre-journal complexe à tenir, pas de comptes annuels au sens plein, pas de bilan à déposer, pas de liasse fiscale spécifique pour les micro‐entrepreneurs. Bref, vous échappez aux joies de la compta classique.
Mais il reste deux documents clés à connaître et, selon votre situation, à tenir :
- le livre des recettes (obligatoire pour tous les micro-entrepreneurs)
- le registre des achats (obligatoire notamment pour certaines activités commerciales ou d’hébergement, mais également lorsque le micro-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA)
En cas de contrôle, ce sont des éléments importants pour justifier votre activité et vos déclarations.
Le livre des recettes : obligatoire pour tous les micro-entrepreneurs
Un registre obligatoire, quelle que soit votre activité
Que vous soyez consultant, rédacteur, artisan, graphiste, naturopathe ou vendeur de bijoux : une règle ne change pas : vous devez tenir un livre des recettes. C’est le socle minimum de votre suivi comptable en micro-entreprise.
Ce que doit contenir votre livre des recettes
Le livre des recettes recense tous les encaissements, dans l’ordre réel où vous recevez votre argent. Ici, pas de subtilité : la date qui compte est la date d’encaissement, pas celle indiquée sur votre facture (au sens de date de facturation).
Chaque ligne doit comporter :
- la date à laquelle vous avez été payé ;
- la référence de la facture ou de la pièce justificative ;
- l’identité du client (particulier ou professionnel) ;
- la nature de la vente ou de la prestation ;
- le montant encaissé ;
- le mode de règlement (carte bancaire, virement, chèque ou espèces).
Par exemple : vous facturez un site web le 2 mars, mais le client vous règle le 15 mars. La ligne de votre livre des recettes doit tout simplement être datée du 15 mars.
Attention également aux frais de débours : lorsqu’ils répondent aux conditions requises, leur remboursement n’est pas intégré à votre chiffre d’affaires. (Les frais de débours obéissent toutefois à des règles précises).
Les règles strictes à respecter
Vous pouvez utiliser un cahier, un modèle adapté ou un logiciel, mais vos écritures doivent rester fiables et traçables et, une fois enregistrées, ne pas pouvoir être modifiées ou supprimées discrètement :
- pas de rature ;
- pas de blancs ;
- pas de cases vides ;
- pas de suppression d’une écriture.
Le registre doit rester intègre. Il est possible d’utiliser un support papier ou numérique, à condition que ce dernier permette de conserver les écritures de manière fiable et d’éviter leur modification a posteriori sans trace.
Quel support utiliser pour son livre de recettes ?
Vous avez plusieurs options :
- un livre papier acheté en papeterie spécialisée ;
- les modèles de livre de recettes proposés par les organismes officiels ou de référence ;
- un logiciel de facturation ou de gestion qui génère automatiquement un registre conforme.
Notre conseil : si vous facturez régulièrement, un logiciel fiable et compatible vous évitera les oublis et réduit les risques d’erreur. Vérifiez également que votre logiciel est adapté aux nouvelles obligations de facturation électronique.
Durée de conservation du livre des recettes
Le livre des recettes, ainsi que les pièces justificatives qui y sont rattachées, doivent être conservés pendant 10 ans à compter de la clôture de l’exercice comptable concerné.
Le registre des achats : obligatoire pour certaines activités et en cas de franchise en base de TVA
Qui doit tenir ce registre ?
Tous les micro-entrepreneurs ne sont pas concernés de la même manière. Au titre du régime micro, ce document est notamment obligatoire lorsque votre activité principale consiste à :
- vendre des marchandises, objets ou fournitures ;
- proposer des denrées à emporter ou à consommer sur place ;
- fournir une activité d’hébergement (hôtels, chambres d’hôtes, gîtes, etc.)
👉 Obligation prévue par l’article L. 123-28 du Code de commerce.
Autrement dit, si votre activité principale relève notamment de l’achat-revente, de la restauration ou de l’hébergement, ce registre est obligatoire. Par ailleurs, les micro-entrepreneurs bénéficiant de la franchise en base de TVA doivent également tenir un registre annuel détaillant leurs achats de biens et de services.
Si votre activité est purement de prestation de services (consultant, graphiste, artisan sans achat-vente de marchandises), vous n’êtes donc pas nécessairement dispensé de ce registre : si vous bénéficiez de la franchise en base de TVA, vous devez également tenir un relevé annuel détaillé de vos achats. Si vous n’êtes pas concerné par cette obligation, rien ne vous empêche de le tenir à titre volontaire pour votre suivi.
Ce que doit contenir le registre des achats
Le registre suit la même logique que celui des recettes : les achats doivent être enregistrés de manière chronologique. Il doit notamment mentionner :
- la date de règlement de la dépense ;
- la référence du justificatif (facture, note, ticket) ;
- le nom du fournisseur ;
- la nature de la dépense ;
- le montant payé ;
- le mode de paiement, avec une distinction claire pour les paiements en espèces.
Chaque dépense inscrite doit pouvoir être justifiée. Vous devez donc conserver les factures, notes et autres justificatifs correspondant aux achats enregistrés. Ces pièces doivent être archivées pendant 10 ans à compter de la clôture de l’exercice comptable auquel elles se rapportent.
Les mêmes exigences de tenue que pour le livre des recettes s’appliquent : les écritures doivent rester fiables et ne pas pouvoir être modifiées ou supprimées discrètement après leur enregistrement. Le registre peut être tenu sur un support papier ou sur un outil numérique de gestion offrant des garanties suffisantes de traçabilité.
En bref, tenir une micro-entreprise ne signifie pas vivre sans obligations. Le livre des recettes et, selon votre activité ou votre régime de TVA, le registre des achats sont vos alliés pour prouver la réalité de votre activité et sécuriser vos déclarations. Prenez donc l’habitude de les tenir à jour au fur et à mesure.
Questions fréquentes (FAQ)
Faut-il obligatoirement tenir une comptabilité quand on est micro-entrepreneur ?
Oui, mais elle est très simplifiée. Un micro-entrepreneur doit au minimum tenir un livre des recettes. Un registre des achats est également obligatoire pour certaines activités, notamment l’achat-revente, la restauration ou l’hébergement, ainsi que pour les micro-entrepreneurs bénéficiant de la franchise en base de TVA. Aucun bilan ni compte annuel n’est exigé, mais il reste indispensable d’enregistrer les opérations concernées et de conserver les justificatifs pendant 10 ans.
Peut-on tenir son livre des recettes sur Excel ou sur un fichier numérique ?
Un support numérique peut être utilisé, à condition que les écritures soient conservées de manière fiable et qu’elles ne puissent pas être modifiées ou supprimées a posteriori sans trace. Un simple fichier Excel librement modifiable est donc moins adapté qu’un outil permettant de garantir l’intégrité et la traçabilité des enregistrements. Un logiciel dédié reste généralement plus sécurisé.
Que risque un micro-entrepreneur s’il ne tient pas ses registres comptables ?
L’absence de registre n’entraîne pas automatiquement une sanction spécifique, mais elle peut compliquer fortement un contrôle et rendre plus difficile la justification des recettes, des achats ou des déclarations effectuées. Selon les circonstances, des insuffisances de justificatifs peuvent conduire à des rectifications. En revanche, fournir un document falsifié ou modifié expose à des sanctions pénales. Bien tenir ses registres protège donc en cas de litige ou de contrôle fiscal.
Dois-je noter les recettes même si je n’ai pas encore encaissé le paiement ?
Non, le livre des recettes doit retracer les sommes effectivement encaissées et non les factures simplement émises. Attention, la date d’encaissement dépend du mode de paiement : pour un virement, il s’agit en principe de la date d’inscription au crédit du compte ; pour un chèque, de la date de sa remise.
Les micro-entrepreneurs doivent-ils garder les tickets et factures papier ?
Oui, les justificatifs doivent être conservés pendant 10 ans à compter de la clôture de l’exercice auquel ils se rapportent. Les documents reçus directement sous forme numérique peuvent être conservés sous cette forme. En revanche, si un justificatif a été reçu sur papier, une conservation exclusivement numérique suppose de respecter les règles de numérisation permettant de garantir une copie fidèle et durable ; à défaut, mieux vaut conserver l’original papier.
Sources officielles
- Entreprendre.Service-Public.fr – Obligations comptables du micro-entrepreneur
- Légifrance – Code de commerce, article L. 123-28
- BOFiP – Franchise en base de TVA : obligations comptables des bénéficiaires
- Légifrance – Livre des procédures fiscales, article A. 102 B-2 relatif à la conservation numérisée des factures


